Les pluies du 30 au 31 mars derniers ont été ravageuses. À Kinshasa, les travaux de pose des nouvelles conduites d’eau par la Régideso le long de la route de Matadi, dans la commune de Ngaliema, ont été réduits à néant. Les dégâts avaient affecté aussi bien les usagers de cet axe routier que les riverains. Depuis le 23 août, la situation tend à se normaliser : la Régideso, par le biais de sa Cellule d’exécution des projets Eau (Cep-O) et avec l’appui de la Banque mondiale, a entrepris la réhabilitation de 1600 mètres particulièrement malmenés par l’averse. À leur surprise, les riverains jouissent des commodités inattendues.

 

Ben-Clet K.D.

« Nous avons la conviction que la construction de ce vrai caniveau, plus large et plus profond, à l’endroit ou existait jadis un drain superficiel, permettra d’évacuer aisément les grosses quantités d’eau qui dévalent la route de Matadi vers Gramalic », commente M. Lambert K., un riverain.

Ne cachant pas son bonheur, Martine N. exulte : « Ce qui me fait plaisir c’est de constater que non seulement la Régideso réhabilite un tronçon de notre route, mais qu’elle construit également un caniveau qui va protéger les parcelles des riverains. C’est comme si, opportunément, les dégâts causés à la route par la pluie ont incidemment apporté un plus aux populations riveraines ».

Le caniveau dont question est creusé à partir du croisement de la route de Matadi et de l’avenue Nguma, à la hauteur du lieudit Météo. Techniciens et ouvriers congolais à pied d’œuvre, en compagnie de l’équipe chinoise de l’entreprise CGCD, se déclarent confiants dans l’accomplissement de leur contrat dans les délais.

Priorité au caniveau

Selon Nestor Manduku, responsable Suivi-Évaluation de la Cep-O/Régideso, « le contrat signé avec l’entreprise chinoise fixe à trois mois le délai d’exécution des travaux de réhabilitation des 1600 mètres de la route de Matadi. Le 23 août marque aussi le début des travaux sur ce site  et comme les pluies vont bientôt reprendre, priorité est accordée à la construction du caniveau. »

Priés de fournir quelques détails sur la qualité du travail que la Régideso attend de la CGCD, les techniciens congolais ont indiqué que, « priorité est réservée à la construction du caniveau et à l’asphaltage de la chaussée ».

Concrètement, notre visite sur le terrain a permis de constater qu’effectivement le radier du caniveau est en train d’être bétonné. Les murets du caniveau sont, eux aussi, en voie d’érection. Au lieu d’un petit caniveau, comme il en existait un auparavant, ici, la CGCD fait un véritable ouvrage d’art. C’est-à-dire un caniveau profond et large afin, affirment les techniciens, de drainer le maximum d’eau des pluies.

Dans trois mois, les riverains de la route de Matadi ainsi que des dizaines de milliers d’usagers oublieront le calvaire enduré au lendemain du déluge de fin mars. Ils ne penseront plus aux difficultés d’accès à leurs domiciles. Les embouteillages ne seront plus qu’un mauvais souvenir. Et le laborieux emprunt des voies secondaires sera classé dans les archives.

Route de Matadi, c’est le premier épisode. Le second épisode nous propulse sur l’avenue « ex-24 novembre », qui sépare les communes de Selembao et de Bumbu. Cap sur l’avenue Manifeste, située dans cette dernière municipalité. Quoi de neuf ?

Un bijou que nous entretenons

Maman Cathy affirme que « Nous, les riverains du ’réservoir Régideso de Makala’, sommes fiers d’être voisins. Jadis impraticable, notre avenue est devenue un bijou que nous entretenons à travers l’opération Salongo hebdomadaire ». Pourquoi vous donnez-vous tant de peine chaque semaine ? ai-je demandé. Spontanée est la réponse : « D’obscur couloir en terre battue, parsemé des flaques d’eau et des tas d’immondices, Manifeste s’est métamorphosée en une avenue superbement asphaltée, avec deux voies, un caniveau et un trottoir en dalots, sans oublier trois dos d’âne pour dissuader des automobilistes enfoirés. Tout ça, grâce à la Régideso ».

Pour sa part, Philippe Lumeka, Coordonnateur de la Cep-O/Régideso, explique que « la réhabilitation des deux réservoirs de Makala de 12 000 m3 chacun, achevée en avril 2019, permettra d’améliorer la distribution d’eau à Kinshasa. Cependant, pour faciliter l’exploitation de ces réservoirs, il s’est avéré nécessaire de réhabiliter la voie d’accès – l’avenue Manifeste – sur une longueur de 500 mètres, dont les travaux ont débuté en avril dernier et ont coûté 500.000 dollars ».

Quant à la réhabilitation de 1600 mètres de la route de Matadi, la Banque mondiale va dégager un million cinq cents mille dollars prélevés sur l’enveloppe du Financement additionnel (FA) au Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain (PEMU).

La Banque a disponibilisé 166 millions de dollars au titre du Financement additionnel, une nouvelle cagnotte couvrant les travaux, entre autres, de modernisation du réseau pour alimenter Kinshasa/Binza et de construction d’une nouvelle usine sur le site d’Ozone. Le démarrage de celle-ci interviendra très prochainement.

Il apparaît clairement qu’en dehors de la desserte en eau potable, objet principal du Projet, la Banque mondiale s’est occupée d’autres aspects sociaux pour le bien-être de la population bénéficiaire, en l’occurrence la réhabilitation des routes.

Pour tout dire, la nouvelle bouffée d’oxygène, que constitue le Financement additionnel, couvre la période de mars 2017 à juin 2020. Et, à coup sûr, elle n’a pas fini d’apporter aux riverains des commodités souvent inattendues.